05 novembre 2007

Connaissiez-vous le "Che africain"?

normal_sankara207

Parce que moi, non...
Et pourtant, j'ai grandi dans une famille de "rouges", comme on disait.
Thomas Sankara a été président du Burkina-Faso de 1983 jusqu'à son assassinat en 1987. Je suis par hasard tombée sur un reportage qui retraçait cette période sur la chaîne parlementaire.

Il doit visiblement sa mort à une trahison de son plus fidèle ami, Blaise Compaoré... Bien qu'il s'en défende, dans le reportage que j'ai vu, on voit bien qu'il est mal à l'aise et il ne regarde pas la caméra... L'inspecteur Gadget que je suis a tout de suite flairé l'entourloupe.

Mais avant d'être tué, il a fait tout plein de choses passionnantes. Il voulait que son pays soit autonome, produise lui-même ce dont il avait besoin pour manger, s'habiller etc... Il voulait que le Burkina soit un pays producteur mais aussi un pays qui transforme ses matières premières et qui consomme ses produits manufacturés. En bref, il ne voulait plus être à la solde de ceux qu'il appelaient les néo-colonialistes (la France en tête). Car pour lui, et je suis plutôt d'accord, un peuple n'est libre et digne que s'il ne dépend pas d'un autre peuple.

Il a aussi fait beaucoup pour le droit des femmes, les nommant à des ministères clés, comme celui du budget ou s'insurgeant contre le fait que les filles enceintes soient renvoyées de l'école en soulignant que les garçons n'avaient pas ce problème. Quelle modernité admirable!

Sankara était convaincu de l'importance de l'éducation et de la formation de son peuple. Pourtant, à mon sens, il a aussi fait des erreurs. Ainsi, face à la grève des enseignants, il les a renvoyés et a embauché les premiers venus pour les remplacer.

Mais il savait visiblement reconnaître ses torts ou ses erreurs. Par exemple, il est revenu sur le couvre-feu qu'il avait imposé devant les abus de pouvoir commis par les groupes chargés de la sécurité.

Le personnage est vraiment sympathique, jamais avare d'une petite blague dans ses discours, orateur efficace et proche du peuple, cet homme fascinant est mort pour ses idées. Juste avant de mourir, il livre une interview dans laquelle il reconnaît savoir qu'il a de plus en plus d'ennemis. Et il emploie cette métaphore très juste du cycliste qui grimpe une pente raide, avec des précipices des deux côtés et qui ne peut faire qu'une chose: poursuivre tant bien que mal son ascension... Sinon, il tombe.

Sankara ne s'est jamais rien mis dans les poches, ne s'est pas enrichi sur le dos de son peuple. Compaoré et ses partisans ont eu beau chercher après sa mort pour le discréditer, ils n'ont rien trouvé. Il a soulevé un immense espoir en Afrique mais il est mort.

Je n'en fais pas un dieu, comme je l'ai dit, il a aussi fait des erreurs mais ses intentions semblaient pures. D'ailleurs, le peuple ne l'a pas oublié, comme en témoignent les manifestations en Afrique qui viennent commémorer le vingtième anniversaire de sa mort.

J'ai vu que des reportages doivent passer sur canal+, je ne sais pas s'il s'agit du même mais j'indique ici le lien d'un site qui donne des infos à ce sujet (colonne de droite). On y retrouve aussi plein d'infos concernant ce personnage trop méconnu.

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Posté par HERISSONELEGANT à 08:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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