07 novembre 2007
Les yeux jaunes des crocodiles
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre. 
Bon bien sûr, on ne peut pas dire que ça soit de la grande littérature mais ce n'est pas non plus de la chick lit de base
C'est un bouquin de plus de 600 pages, drôlement bien ficelé puisqu'une fois qu'on l'a commencé, on ne peut plus s'empêcher de le lire. Comme ils disent au Masque et la Plume, c'est un "page-turner" (ou une expression dans le genre);
Il raconte l'histoire de deux soeurs, qui ne s'entendent pas formidablement bien, l'une est évidemment très jolie tandis que l'autre est plus rat de bibliothèque qui se laisse un peu aller. Donc son mari va voir ailleurs (subtile relation de cause à effet...) et l'intello est bien obligée de faire face. Et finalement qui est la plus heureuse des deux soeurs? C'est ce que ces 600 pages vous diront, vous apprenant aux passages quelques menus détails sur la France du Moyen-Âge, thème de recherche de la soeur vilain petit canard.
Ca se lit vraiment très bien.
Dès que j'ai eu terminé ce livre, je me suis jetée sur un autre ouvrage de Katerine Pancol, au hasard de ce qu'ils avaient dans les rayonnages de ma bibliothèque: Et monter lentement dans un immense amour. Ca m'est tombé des mains, j'ai dû lire trente ou quarante pages, le style était vraiment à chier, il n'y a pas d'autres mots. Je récidive actuellement avec Scarlett, si possible: pas mal pour l'instant...
16 octobre 2007
La vie sexuelle d'un islamiste à Paris
Ouais, c'est la première réaction que j'ai eue en le voyant trôner là, sur l'étagère des prêts "une semaine" de la bibliothèque. Car vous n'êtes pas sans savoir qu'à la bibliothèque, les nouveautés, on ne peut les gader qu'une semaine. Et c'est bien normal, car tout le monde a envie de les lire.
Une semaine, ça va vite. Donc il faut lire partout, et notamment dans le métro.
Vous voyez où je veux en venir... C'est pas facile de lire un livre avec un titre comme ça (écrit en super gros en plus) dans le métro. OK, il y a peut-être une part de parano, mais quand même, les gens regardent, et c'est bien normal puisque, comme je le disais, c'est le titre qui m'a attirée.
Malgré tout, ça vaut le coup. Déjà, j'ai envie de lire les autres livres de Leîla Marouane, l'auteure de ce livre. Il raconte l'histoire de Mohamed Ben Mokhtar, alias Basile Tocquard (onomastique, quand tu nous tiens...), brillant ancien élève de HEC bourré de fric mais qui vit toujours chez sa mère à 40 ans. Désespérement puceau, notre homme n'aspire qu'à remédier à cet état de fait et à profiter de son argent dans un riche quatier parisien, celui de Saint Germain des Prés.
Bienvenue dans le choc des cultures, mais surtout dans les pensées de Mohamed, affectées jusqu'au délire par l'obsession de son dépucelage. Profitez aussi de la savoureuse peinture de la mère qui couve son fils, la "prunelle de ses yeux", jusqu'à l'étouffement...
12 octobre 2007
Mangez-moi
Décidément, en ce moment, j'ai de la chance, je ne lis quasiment que des bons livres. Je viens de terminer Mangez-moi d'Agnès Desarthe et, sans mauvais jeu de mots, je me suis régalée!
Le livre raconte l'histoire d'une femme qui semble un peu perdue dans sa vie et qui ouvre un restaurant, tout simplement parce qu'elle aime cuisiner. On ne découvre que petit à petit, à travers les méandres de l'histoire de Chez Moi, le fameux bistrot ouvert par l'héroïne, l'histoire de cette femme, punie pour avoir été trop elle-même.
Des thèmes qui me sont chers (pas parce qu'ils sont personnels mais parce qu'ils sont féministes, ou plutôt humanistes) y sont abordés: la question de l'amour maternel par exemple.
Mais aucune prise de tête, encore une fois, il s'agit d'un livre dont on ne peut s'empêcher de continuer la lecture avant de l'avoir terminé. Les personnages sont attachants, les situations drôles et émouvantes et l'ensemble rend heureux tout en faisant réfléchir.
Que demande le lecteur?
07 octobre 2007
Une pièce (dé)montée
Il me tendait les bras sur l'étal de la librairie, alors en bonne brebis de Panurge, je l'ai acheté. J'avais lu de bonnes critiques, tout le monde semblait enchanté, alors pourquoi pas?
Je l'ai lu en une journée, et pourtant, j'avais des trucs à faire, même s'il est vrai que j'avais beaucoup de transports. Ca veut tout dire!
Le livre relate un mariage, de différents points de vue, qui s'entremêlent parfois: une petite fille, un dragueur parieur, une célibataire vilain petit canard, un mari qui adore sa femme mais qui est en froid avec sa famille, la mariée elle-même....
La forme peut sembler ne pas être originale, il est vrai qu'on voit de plus en plus de romans construits sur une alternance de points de vue, de chapitre en chapitre. Ici, ce n'est pas tout à fait ça, même si le principe est voisin. Ce sont des points de vue uniques qui se succèdent; et finalement, grâce à ce procédé, ce n'est pas un avis sur la cérémonie du mariage, ou même l'institution, qui est donné. Ce sont plutôt des tranches de vie qui permettent une réflexion existentielle, au bon sens du terme.
C'est léger et profond à la fois, et ça fond dans la bouche, c'est digne d'un grand chef.
19 septembre 2007
La femme de hasard
C'est un fait, j'adore Jonathan Coe. Et ce petit livre-là peut-être encore plus que les autres. La Femme de hasard, c'est ce moi intime qu'on peut avoir du mal à accepter, cette mollesse à moitié consentie face aux événements, ce sentiment diffus qu'on est une looseuse, qu'on pourrait faire quelque chose mais quoi, et est-ce que ça marcherait vraiment? Etc etc... C'est une histoire de femme qui résonne forcément en chacun d'entre nous, à la fois adorable et détestable, si proche qu'on voudrait la repousser tout en ne pouvant s'empêcher d'avoir de l'empathie pour elle. Une insoutenable légèreté de l'être sous la grisaille britannique.
En outre, quelques réflexions amusantes et complices sur le statut de l'auteur et de l'oeuvre de fiction, par touches légères...
19 août 2007
Odette toulemonde
Ce n'est pas le premier livre d'Eric-Emmanuel Schmitt que je lis. J'avais déjà beaucoup aimé Oscar ou les Fleurs bleues du Coran que j'avais en plus eu la chance de voir au théâtre.
La part de l'autre, qui imagine la vie de Hitler reçu à l'Académie des arts à laquelle il avait postulé, est un livre qui m'avait encore davantage marquée puisque, outre la qualité de son aspect romanesque, il réveillait en moi des réflexions sur un thème chéri, celui du "et si..." (n'oublions pas que j'aime les conjectures), qui plus est du point de vue de la petite et de la grande histoire.
Avec Odette toulemonde, c'est autre chose. La vivacité de ces huit nouvelles, lumineuses et poétiques, simples et suggestives tient certainement autant des personnages féminins, si proches, qu'elles mettent en scène qu'aux thèmes à la fois si contemporains et si universels qu'elles abordent: amour, maladie, vieillesse, abandon, trahison, mesquinerie, don de soi, vision du corps...
Chacune de ces nouvelles est un morceau de vie que l'on peut emporter avec soi pour l'affronter plus sereinement ou même mieux, pour la vivre tout simplement.
12 juin 2007
Enfance
J'ai récupéré les listes des élèves que je vais interroger au bac (huit listes en tout). Évidemment, je ne connais pas tous les textes sur le bout des doigts. Pour certains, je les ai lus il y a très longtemps. Pour d'autres, j'ai étudié un grand nombre d'extraits à tel point que je ne me souviens plus vraiment si j'ai lu l'oeuvre in extenso un jour. C'est le cas d'Enfance de Nathalie Sarraute. Je suis en train de le (re)lire en quatrième vitesse et je pense que je l'avais déjà lu mais pas apprécié à sa juste valeur. Peut-être étais-je trop jeune. Toujours est-il que les mots de Sarraute me touchent et me parlent. Ils entrent en résonances avec pas mal de choses chez moi. J'aime bien aussi la forme fragmentaire qui permet à ma propre imagination de s'évader. Un livre assez universel sur le souvenir d'enfance mais aussi sur sa valeur et son traitement dans la littérature.
28 mai 2007
Monsieur, Madame
Je ne lis plus de livres pour enfants. Pour ados, j'y suis parfois obligée, et j'ai du mal à trouver mon bonheur. Ce qui est certain, c'est qu'un certain nombre de livres ont marqué mon enfance, à tel point que je m'en souviens encore aujourd'hui et que si je les revoyais, au détour d'un rayon de librairie ou dans une chambre d'enfant, cela me ferait bizarre au coeur. Max et les maximonstres, par exemple. Je le connaissais par coeur et je croyais que ma mère était dupe quand je faisais semblant de le lui lire...
Mais si je parle de tout ça, c'est parce que j'ai retrouvé dans mes images ce dessin (un peu scato, d'accord...) qui m'a permis de me remémorer cette collection adorée, les "Monsieur Madame". Monsieur Chatouille, avec ses longs bras, Madame Beauté, avec son teint vert (!), Monsieur Costaud, tout rouge, si je me souviens bien et j'en passe.
Alors, merci Monsieur Caca, pour cette petite madeleine!



