24 septembre 2007
Il n'aurait pas pu nous envoyer un mail?
En tant qu'enseignante, je me sens le devoir de faire mon petit couplet sur la lettre de Sarkozy. Comme je ne l'ai pas encore lue, je ne vais bien sûr pas commenter son contenu, ce que je ne manquerais pas de faire si j'ai des considérations pertinentes (ou non, je ne vais pas me priver quand même) à faire.
Comme d'autres collègues, je m'interroge sur la somme que coûte cette opération de comm'. 500 000 euros d'après Le Monde. Et outre l'argent, il y a aussi l'exemple. Notre administration n'utilise pas suffisamment les nouvelles technologies. Il n'y a qu'à regarder i-prof, l'outil de gestion du personnel par internet. Génial, me suis-je dit la première fois, on peut communiquer par mail avec notre service "RH" (encore une chose dont on aurait bien besoin, nous, les profs...) et gagner ainsi du temps et de la "zénitude". Que nenni, il faut plusieurs mois pour recevoir une réponse à un mail, quand il ne reste pas lettre morte. Je ne jette la pierre à personne, peut-être n'y-a-t-il pas assez de personnel ou bien un défaut de formation... En tout cas, il y a un problème.
Quand l'Education Nationale va-t-elle enfin communiquer avec nous de manière moderne? Une belle lettre de notre Préident, soit! Mais pourquoi pas par mail? Je ne pense pas qu'envoyer ce genre de message par courrier garantisse qu'un plus grand nombre de personnes le liront. Certes les communiquants vous diront que le papier a plus de valeur que le mail, permet d'avoir une audience plus importante. Mais je reste persuadée que les enseignants ayant envie de lire cette lettre l'auraient lue en la recevant par mail et que ceux qui s'en fichent royalement ne la liront pas de toute façon...
Photo: Getty Images
17 septembre 2007
Bonheur
A croire que je n'arrive pas à décrocher...
J'ai appris aujourd'hui par une ancienne collègue les bonnes notes au bac français de deux de mes élèves de l'an dernier qui avaient de plus le mérite de sortir de 2nde BEP et de se retrouver en 1ère techno.
Bien sûr, ce sont eux les premiers à mériter cette note du fait de leur travail, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que j'y suis aussi un peu pour quelque chose...
Ca fait vraiment plaisir!
Photo: Getty images
12 septembre 2007
TZR en colère
Je connaissais déjà ce mouvement, découvert lors d'une manif et je viens de découvrir le blog qui me semble une mine d'infos et de réconfort pour tout TZR. Je suis certes en dispo, mais je n'oublie pas l'année passée ainsi que ce qui m'attend de nouveau à partir de septembre prochain!
C'est donc chaudement que je vous recommande la lecture et la férquentation de ce blog http://miseretzr.canalblog.com/
image: http://miseretzr.canalblog.com/
14 août 2007
Flemme...
J'ai la flemme d'écrire mais l'envie revient.
A bientôt!
07 juin 2007
L'angoisse du téléphone
Quand on est TZR (titualire d'une zone de remplacement) comme moi, avant d'être affecté sur un poste, il y a une angoisse qui plane aussi longtemps que le jour dure, c'est celle de la sonnerie du téléphone. Dès que votre portable retentit, vous vous dites: ça y est, on m'appelle pour un remplacement, est-ce que ça va être loin? Est-ce que ça va être en ZEP? Collège ou lycée? Comment vont être les collègues? Et le proviseur? Remplacement court ou remplacement long?
Bref, c'est une angoisse assez difficile à vivre, celle de l'attente, sachant que pas une minute de répit ne vous est accordée, sauf la nuit et les week-ends quand même... Je suis nommée depuis le 21 septembre en lycée et je suis bien heureusement de bac cette année. Et ce matin, j'ai pourtant reçu un coup de fil d'un collège pour un remplacement! Je remercie le dieu rectorat de m'avoir convoquée pour le bac, car sinon j'étais bonne pour me taper un mois de collège (autant dire de garderie à cette époque de l'année) après avoir passé un an en lycée! Rien que d'y penser, j'en ai des sueurs froides et je suis encore toute retournée de cet appel... Je ne peux pas m'empêcher de penser à cette situation qui va recommencer à la rentrée prochaine et à cette angoisse sourde que je vais encore devoir supporter.
Image: carinepe.free.fr
24 mai 2007
Pffffiiiiooooouuuuu
Plus que trois heures de cours. J'en ai marre de travailler, alors que l'arrêt des notes a eu lieu et que les conseils ont commencé! C'est vraiment difficile de se motiver et de motiver les élèves!
En plus, je veux pas dire, mais il y en a qui lâchent des caisses dans la salle informatique des profs! Quand c'est pas les élèves...
22 mai 2007
Bientôt le bac!
Et je suis définitivement passée de l'autre côté de la barrière! C'est la première fois cette année que je suis convoquée pour corriger les écrits mais aussi pour faire passer les oraux des épreuves anticipées de français. C'est idiot, mais je dois dire que cela m'émeut particulièrement... Sauf pour les copies, ça, ça fait déjà longtemps que je ne trouve plus ça émouvant!
Je sais bien que pour les oraux, au bout de quelques candidats, je serais sûrement moins enchantée et qu'à la fin de la session, je serai vidée. Mais malgré tout, je reste persuadée pour l'instant que faire passer les oraux doit être très enrichissant.
Je dois remplir des bulletins, donc je ne m'étends pas plus. J'attends juste avec impatience la fin des cours pour pouvoir me consacrer au premier bac de ma carrière!
PS: bon courage à tous ceux qui révisent, pour le bac ou autres examens et concours!
18 mai 2007
De qui vous Môquet vous?
C'est la question que j'ai envie de poser aujourd'hui à Nicolas Sarkozy.
Et ce pour deux raisons qui sembleront peut-être contradictoires. A la fois parce que c'est beaucoup et parce que ce n'est rien.
Ce n'est rien d'abord parce que vouloir faire lire au même moment le même texte à tous les élèves de France, c'est une mesure ridicule, inapplicable dans la pratique (comment vérifier que chaque prof désigné, le jour de la rentrée, s'exécute docilement?).
Mais c'est en même temps beaucoup. Je ne nie pas le caratère émouvant de la lettre de Guy Môquet, mais elle est loin d'être la seule. Il suffit de lire le très beau recueil de lettres de poilus (publié en Librio), jeunes eux aussi, sachant qu'ils risquent ou qu'ils vont mourir eux aussi. Mais il a également d'autres textes qui personnellement m'émeuvent beaucoup plus et que je ne prétends pas imposer à la nation entière. Relisez les magnifiques premières pages du Voyage au bout de la nuit de ce styliste de génie qu'est Céline. Comment ne pas éprouver tout le tragique de la guerre lorsque l'on assiste à l'entrée en enfer du soldat Bardamu?
"On est puceau de l'enfer comme on l'est de la volupté" écrit-il.
Eh bien moi, voilà, je préfèrerais qu'on lise ce texte-là, mon collègue très certainement un autre et un prof de l'autre bout de la France choisira un troisième texte tout aussi porteur de sens. Les programmes sont là pour donner un cadre et garantir une certaine homogénéïté, mais il faut faire confiance aux profs pour choisir les textes qu'ils aiment, les documents qu'ils aiment. Car c'est comme cela qu'ils arriveront à les porter et à les faire aimer aux élèves. Surtout dans les quartiers difficiles. Je sais de quoi je parle, moi qui enseigne dans une des villes les plus pauvres de France. J'y arrive aussi parce que j'aime ce que j'enseigne, même si ce n'est pas facile tous les jours.
Alors ça n'a peut-être l'air de rien, peut-être suis-je alarmiste, mais cette année c'est ça, l'année prochaine pourquoi ne pas faire hisser le drapeau à tour de rôle par les élèves dans la cour de l'établissement et l'année d'après chanter "Nicolas, nous voilà...". Un homme politique n'a pas à imposer ses goûts et ses émotions. Nous n'en avons que faire. Qu'il gouverne professionnellement, c'est tout ce qu'on peut tolérer.


